Le paradis des bouquins

Des billets, tout à lire...en gros: croquez les livres à pleines dents!

31 août 2007

Daiô !!!

Daiô par Iô Kuroda

Daiô  rassemble une dizaine de nouvelles surgies de l'imaginaire surréaliste de Iô Kuroda( auteur je crois de la trilogie UN ETE ANDALOU).On y croise un éléphant animal de compagnie, une femme moustique, un jeune bonze qui serait à l'origine de la crise de Cuba (octobre 1962)

DAIO

NOTE:15.5/20 Bon allez je me lance, tout d'abord il y a des nouvelles que je n'ai pas appréciées et d'autres que j'ai adorées ! C'est d'un style bien particulier : l'absurde (je pense dans ce receuil à la  "parodie" du METROPOLIS de Tezuka).Vous n'êtes pas au bout de vos surprises quand vous ouvrez le bouquin et découvrez onze nouvelles avec un graphisme et un scénario différent qui évoluent petit à petit dans un délire imaginatoire: avez-vous déjà vu un éléphant (ADULTE) coincé dans un studio ??? L'auteur n'hésite pas à ajouter des détails glauques, des personnages mystères pour pimenter ses nouvelles.A lire tout simplement...

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28 août 2007

Toby Lolness, un millimètre et demi d'héroisme !

Tobie Lolness par Timothée de Fombelle

Tome 1-La vie suspendue

Tobie Lolness ne mesure pas plus d'un millimètre et demi. Il appartient au peuple qui habite le grand chêne depuis la nuit des temps. Parce que son père a refusé de livrer le secret d'une invention révolutionnaire, sa famille a été exilée, emprisonnée, condamnée à mort.
Seul Tobie a pu s'échapper. Mais pour combien de temps ?

tobie_lolness_t1

NOTE : 19/20 Un chef d'oeuvre littéraire !Un phénomène ! Au coeur d'un inoubliable monde miniature, un grand roman d'aventure, d'amitié et d'amour...L'auteur nous fait décourir la vie de Tobie, un être qui va se retrouver confronté à son destin.Pour retrouver ses parents, il devra braver les dangers avec Elisha, celle qu'il aime, ils devront affronter des gang sans pitié, les membres du conseil de l'arbre et...l'hiver .Tout en beauté et en poésie, ce livre renferme aussi les secrets du Grand Chêne dans lequel vit le peuple de Tobie, à lire et à relire même pour les plus grands : lisez ce roman qui vous plongera dans un monde très très très petit pour une GRANDE saga !

EXTRAIT : "Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n'était pas grand pour son âge.Seul le bout de ses pied dépassait du trou d'écorce.Il ne bougeait pas.La nuit l'avait recouvert comme un seau.Tobie regardait le ciel percé d'étoile.Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s'étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.Quand la lune n'est pas là, les étoiles dansesnt.Voilà ce qu'il se disait.Il se répétait aussi : "S'il y a un ciel au paradis, il est moins profond, mouins émouvant, oui, moins émouvant..."

A venir,  tome 2- Les yeux d'Elisha

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24 août 2007

Peter Pan : loin du grand classique de Disney

Peter Pan par Regis Loisel

Volume 1-Londres

peter_pan_1L'histoire prend place en 1887 dans un Londres victorien sombre, brumeux. On y découvre Peter, gosse de la rue, sa vie est partagée entre deux personnages : D'un côté, sa mère, alcoolique, dépravée, elle brutalise Peter ; celui-ci perdure à croire en son amour. D'un autre côté, Peter passe ses journées avec Mister Kundal : un vieil homme qui s'occupe de lui et cultive son imagination.

Un soir, après avoir été obligé de se prostituer pour payer l'alcool de sa mère puis expulsé de chez lui, Peter se retrouve seul. Il découvre alors Clochette : une petite fée dodue au sale caractère ; celle-ci lui apprend à voler. On devine sans difficultés à partir d'ici qu'il se rend au pays imaginaire( qui n'est pas aussi merveilleux et beau qu'il n'en a l'air)

Volume 2-Opikanoba

peter_pan_2_PTL'histoire reprend à la fin du tome 1 : Peter est sur le bateau des pirates ; Crochet, la capitaine du navire, cruel, perfide, le manipule et le convainc de faire partie de l'équipage ; il espère en fait apprendre comment Peter fait pour voler.

Les habitants de l'île, dirigés par Pan, un satyre, vont alors organiser un plan pour récupérer Peter. S'en suit une bataille où Peter finit par se perdre dans l'Opikanoba ( A lire pour découvrir ce qu'est l'opikanoba) : ici les peurs profondes resurgissent. Pan  part à sa recherche et sauve Peter avant qu'il ne devienne fou.

On apprend ensuite pourquoi Clochette a fait venir Peter...

Volume 3- Tempête

peter_pan_3_PTPeter et Pan organisent leur plan pour chasser Crochet de l'île : ils rassemblent les coffres contenus dans les épaves du lagon aux sirènes et font croire aux pirates que c'est le "trésor de l'île".

Appâté, Crochet vient chercher son trésor où il trouve Peter et Pan : croyant qu'ils cherchent à lui voler son or, il tire une balle dans le coeur de Pan.

Peter retourne alors à Londres pour demander de l'aide à Kundal, ancien médecin. En chemin, Peter va voir sa mère qui le rejette violemment ; sue les deux dernières planches, on apprend qu'elle a été assassinée, poignardée par "Jack the ripler".

Volume 4 - Les mains rouges

peter_pan_4_PTL'histoire reprend après que Peter ait opéré Pan ; exténué, il s'endort. Au réveil, les habitants de l'île lui annoncent la mort de Pan. Peter, désespéré, part dans la forêt ; il repense alors aux recommandations de Kundal, lui disant de bien se laver les mains avant l'opération. Peter se croit alors coupable de la mort de son ami pour ne pas s'être lavé les mains.

Il s'enfonce encore plus profondément dans la forêt ; il sera retrouvé par les indiens et les habitants de l'île qui lui feront comprendre que le seul coupable de la mort de Pan est le capitaine Crochet. S'en suit une bataille dans le lagon entre les pirates, les indiens et les habitants de l'île. Peter affronte Crochet et lui coupe la main droite pour venger Pan. Les pirates fuient.

Peter prend une poignée des cendres du bûcher funéraire de Pan et la mange : il devient Peter Pan.

Peter repart à Londres chercher ses amis ( les garçons perdus)

Volume 5-Crochet

peter_pan_5_PTAprès avoir perdu sa main dans le tome 4, le capitaine se fait fabriquer son célèbre crochet ; à cause de cette mutilation, il devient obsédé par la vengeance : il part avec les pirates explorer l'île pour dresser une carte et ainsi trouver la cachette des enfants.

Pendant ce temps, Peter et les enfants qu'il a amené de Londres organisent leur vie sur l'île et construisent leur "maison", nichée aux pieds des arbres. Une fois terminée, Peter repart une dernière fois pour Londres où il trouve Kundal mourrant ; celui-ci lui donne un coffret scellé contenant un "trésor"...

Volume 6 - Destins

peterpant6_cPeter Pan et ses amis se retrouvent sur leur île pour enfin partager un moment de paix et de bonne humeur. Mais ce qu'ils se partagent surtout, c'est la photo de la maman qui passe de main en main chez chaque petit orphelin, ce qui leur permet de rêver un peu...

Il n'y a bien que le petit Picou qui n'en veut pas, de cette mère en papier, et qui préfère de loin la tendresse de Rose, qu'il considère comme sa maman. Lors d'un tirage au sort, la photo de la maman lui revient... et on va la glisser dans sa poche alors qu'il dort...

Mais la fée Clochette va s'en mêler, et tout cela va attirer bien des ennuis au petit Picou, et encore plus à Rose... 

NOTE:18/20 Loin du conte de Disney que nous connaissont tous, cette bande-desssinée semble narrer l'histoire de Peter Pan COMME ELLE SE SERAIT PASSEE (en respectant le contexte historique, les difficultés du pays en 1887, etc).Notre Peter croisera donc le chemin de Jack L'éventreur,sans le savoir...Régis Loisel a décidé d'éclaircir les origines de Peter Pan, en réalisant cette superbe suite de volumes.Comment Peter, un jeune garçon comme les autres, va devenir Peter Pan ? Au fil des albums, tous les événements vont progressivement s'emboîter et l'histoire se terminera exactement là où commence le roman de James Mathews Barrie. Une bande dessinée de toute beauté qui laisse éclater toute la magie contenue dans le pinceau de Loisel. (voir les planches ci dessous)« Mon album est à la croisée de toutes les enfances et son histoire recueille cette substance merveilleuse, alchimie du rêve et de la réalité qui s'envole sans que nous le voulions quand nous devenons grands. Il y a de la magie, de la poésie mais aussi énormément de souffrance et de cruautédans ce monde-là... » Régis Loisel.

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peter_pan_cin_ma   Une adaptation au cinéma? Peut-être...

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21 août 2007

Dessins

Voilà quelques crayonnés (vite faits)...

belle_fifille012 Détail d'un dessin "La belle jeune fille sur la gondole" ( ahahah!le chapeau est RATE!)

belle_fifille016 Une page de garde : "le bonheur"

belle_fifille015 "Flowers"

Je vous conseille d'aller faire un tour sur Isaly , une dessinatrice pleine de talent...Tout ce que j'adore !

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18 août 2007

Votre portrait astrologique : Douze images symboliques, douze regards, douze rôles à jouer

Votre portrait astrologique par Isabelle Teissier Du Cros

"Chaque individu, chaque thème astral, est unique et formé d'éléments reliés entre eux de façon originale et souvent complexe. Isabelle Teissier du Cros combine le signe solaire aux douze ascendants pour plus de précision. Pour aller plus loin, elle interprète la position des planètes dans chaque signe. "

NOTE : Que  l'on soit  Bélier, Taureau, Cancer ou encore Poisson, on trouve  dans ce livre de nombreuses pages pour comprendre  notre signe à  commencer par un avant-propos très riche sur les origines de l'astrologie et sur quoi se base cette science.Ca se lit facilement, c'est bien expliqué...il ne manque rien! Que dire de plus à part que j'adore la couverture ^^ ?

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11 août 2007

Le louvetier d'Henri Loevenbruck

Le Louvetier par Henri Loevenbruck (suite de la Moïra ) mon_coup_de_coeur

Livre 1-Gallica

   1154 : imaginez une France de légende, nommée Gallica...Dans le comté de Tolsanne,on raconte que, pendant la nuit de la Saint-Jean, un jeune homme marcha dans les flammes pour sauver un loup du bûcher. Son nom était Bohem, le fils du louvetier.Quatre ans plus tard, sa vie bascule : son village et sa famille sont massacrés par de mystérieux guerriers. Terrorisé, il s’enfuit, traqué par des forces sanguinaires dont il ne sait rien.

Sur les routes de Gallica, Bohem rencontre alors les Compagnons du Devoir, jeunes artisans qui parcourent le pays et dont l’étonnante fraternité lui vient en aide. En chemin, il apprend qu’il est devenu l’objet de toutes les convoitises politiques et religieuses du royaume. Il doit échapper au roi de Gallica, à la Milice du Christ et à un ennemi inconnu qui semble tout savoir de ses origines : le Sauvage.Face au danger, Bohem s’efforce de comprendre pourquoi on le pourchasse et découvre sa surprenante affinité avec les Brumes, ces créatures légendaires, ces licornes, ces loups que les hommes exterminent.

Or Bohem le devine : son destin est caché dans le secret des loups...

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NOTE:20/20 Rien à dire, c'est tellement bien (jusqu'à la fin sisi!) Henri Loevenbruck est un auteur prodige il fait vivre son personnage à travers les vieilles légendes irlandaises et celtiques.Le mystère plane, c'est exquis ! Un livre alléchant et sans doute le meilleur Fantasy que j'ai lu!!!Je vous le conseille fortement c'est du gâteau ! (^^). miam!

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09 août 2007

Première impression "journal d'une ado déglinguée"...plutôt distinguée, non ?

Voilà le premier chapitre d'un petit roman qui n'attend que d'être publié. "Journal d'une ado déglinguée" est une comédie pimentée et ironique (je parle du style d'écriture).Assez parlé je vous laisse lire (c'est un peu long peut-être?).Ps:clin d'oeil aux Filles!

Chap. 1: PREMIERE IMPRESSION


Mardi 5 septembre… : Nous sommes aujourd’hui le 5 septembre et moi, Gwen Davids : prénom et nom fortement américains, je sais. Faute de moyens, j’ai des parents originaires des Etats –Unis !  C’est ma première rentrée au lycée en seconde (je tiens à préciser que j’ai pris des options bizarres, étais je  moi-même quand j’ai choisi mon orientation ?).Je prend pour la première fois le bus au petit matin ( il est 7h11) et je suis toute seule sur la première rangée de sièges du bus…pas mécontente de l’être : quand je me retourne je vois un troupeau de buffles (avec les anneaux et tout) amassés sur les banquettes du fond…Je n’ai franchement pas envie de me retrouver en compagnie de charmants (hum !) bovidés…Passons…nous filons droit vers mon lycée, près de Toulouse, prenant au passage des élèves fringués de travers et coiffés en pétard, à se demander si , moi, avec mon brushing parfait, je ne passe pas pour la première des idiotes. "Question du jour : suis-je normale ?"

Whaou !Sensationnel mon lycée !J’ai l’impression d’être une fourmi dans un grande…fourmilière…(pas besoin d'ajouter que je suis nulle pour les métaphores) Les élèves se bousculent, s’interpellent. Moi, j’ai la chance d’être officiellement « nouvelle », je ne connais personne à part moi, je peux donc me faire une réputation :  « Je viens de New York et j’ai déménagé ici …Bien sur que je parle couramment français, mon père ( le 3ème milliardaire du monde) a engagé les meilleurs professeurs de français du monde pour mon apprentissage…Je côtoie Brad Pitt et une immense statue a été dressée à mon effigie dans la cour du jardin de la reine d’Angleterre… » N’allez pas vous imaginer que je vais déballer ça…Jusque là je n’ai jamais été vraiment connue, dans mon ancien collège j’avais une bande d’amies…et c’est tout ! Pas l’ombre d’un petit ami…rien, absolument rien !Je suis NEUTRE…Le comble de la popularité !J’ai déménagé ici à cause du travail de Bob, mon père, il est ingénieur. Ma mère , Nicky s’occupe de Mikaël, mon petit frère d’un an et trois mois. Revenons à nos moutons…Primo : je me sent méga perdue dans ce lycée, deusio : ça sonne et je ne sais toujours pas en quelle classe je suis ni dans quelle salle il faut aller, tertio : il faudrait peut-être que je me bouge à la place de glandouiller au milieu de rangs ( ce que l’on pourrait appeler approximativement des « tas ») d’élèves surexcités. Je me dirige vers des listes accrochées sur une baie vitrée…ENFIN ! je repère mon nom…avec une faute…Pas le temps de râler !Je suis en seconde B…je passe la liste aux rayons x, il n’y a pas l’air d’avoir de salle marquée…Ca commence bien ! je vois les rangs  partir petit à petit dans le premier bâtiment (il y en a tout de même cinq !!!! ) Sans perdre une minute de plus à déchiffrer leurs listes illisibles, je m’avance au hasard dans le bâtiment deux priant Dieu pour que ce soit le bon…Me voyant perdue telle une princesse dans la forêt amazonienne (je sais que je ne dois pas exagérer, mais bon !)  , un mec (très beau je dois l'avouer...pas le temps pour les rêveries!) s’avance vers moi…

                « -Tu es perdue ? me demande t-il sur un ton aigu
Il ne manquerait plus qu’il m’offre des bonbons, je déteste sa mine attendrie…il est hors de question que ce type me prenne en pitié !
                -En fait, je cherche ma salle…

                -En quelle classe tu es ? me coupe t’il

               -Ben…en seconde B.

Il m’indique une porte encore ouverte par laquelle on entend le brouhaha incessant d’élèves qui s’installent…

                -Heu…ben merci et ….heu…peut être à plus !je bredouille avant de me dérober

Vite je me faufile dans la salle…Sans réfléchir, je m’assoie à côté d’une fille qui sent le chewing-gum à la fraise …Je la détaille : cheveux longs, noirs avec des mèches roses, un piercing au nez, le look franchement rock. Je ne prends même pas la peine de compter les anneaux qu’elle a aux oreilles…

                -C’est pris ! me lance t’elle sur un ton désobligeant et railleur

Sans l’écouter, je m’assoie et commence à déballer mes affaires…La fille se tourne vers moi, outrée…

                -Je ne t’avais pas dit que c’étais pris ?s’énerve t-elle

Je soupire…Pourquoi faut t-il qu’elle prenne ce ton ?Je me retourne et je lui lance un regard dont j’ai le secret, le regard «  si t’as un problème on s’explique, ok ? » .La fille a pris une mine renfrognée puis je l’aie entendue murmurer

                « -Salomé…et toi ?

J’ai failli lui mettre une droite. D’abord, mademoiselle est insolente, ensuite elle se prend pour une diva et maintenant elle se présente comme si ne rien n’était…Suffirait t-il de lui tenir tête pour qu’elle vous parle ???

                -Gwen…je lui répond , on a cours avec qui là ?!

Ces mots sont sortis de ma bouche sans que je le veuille…je serais prête à le jurer sur la bible… Je n’ai aucune envie de l’aborder !!

                -Mme Maubardine, attention…c’est une vieille peau !Elle fume et on se demande si elle boit…

                -Tu la connais ? s’ enquit ma conscience (contre mon grès)

                -J’ai redoublé ma seconde, je connais très bien ce lycée !

A cet instant, nous nous sommes tues…une vieille femme venait d’entrer dans la salle…Tout le monde se leva , excepté moi, qui, ayant le cerveau lent (je l’avoue ), restait comme une nouille assise sur ma chaise…Fallait t-il se lever au lycée ? Le temps de me poser la question, Mme Maubardine m’avait repérée et pointa son doigt crochu vers moi :

                -Toi ! Comment t’appelles –tu ?

Je me lève aussitôt

                -Gwen Davids ! m’exclamais-je

Mon nom fit rire quelques élèves…Salomé me soutint du regard comme si il fallait que je dise autre chose…Un silence de mort s’abattit sur toute la salle, aussi plombant qu’on entendait les élèves respirer. Je regardais, Salomé elle grimaçait comme pour me signifier une parole…Malgré ma nullité en lecture sur les lèvres, je déchiffrais le message aussitôt…une formule de politesse !

                -Gwen Davids, MADAME, articulais-je

L’horrible femme parut satisfaite elle croassa :

                -Vous pouvez vous asseoir, sortez vos affaires !

Dans le vacarme de déballage des affaires, Salomé me glissa

                -Ce n’est pas bon de te faire remarquer le premier jour par la vieille!Elle va te mener la vie dure…fais  plus attention maintenant !

Le cours se déroula normalement :  (malgré quelques regards soupçonneux de notre horrible professeure)…Quand la sonnerie retentit, je fut la première à sortir en murmurant un petit « au revoir » et, me souvenant (miracle de ma mémoire) le début du cours, je m’empressais d’ajouter (syllabes par syllabes, pour la provocation) « MA-DA-ME » .J’appris par Salomé (qui se révéla être plus gentille que je ne le croyais) tout le fonctionnement des cours  ainsi que les trois quarts des noms des élèves du lycée .A en croire ce qu’elle m’a dit, nous sommes la classe la plus chanceuse parce qu’on a plein de trous dans l’emploi du temps ( je précise que nous sommes actuellement en pause de trois heures…). Salomé me fit la visite de tous les bâtiments.

                « -Tu sais Gwen il faudrait vraiment que tu retiennes le numéro des salles si tu ne veux pas te perdre… » me dit mon amie en voyant ma mine désintéressée (je dirais plutôt déconfite)

Nous nous promenâmes dans les couloirs déserts du lycée. Moi : rasant les murs comme un chien errant et Salomé, le moulin à paroles inépuisable…C’est au tournant d’un couloir que le drame se produisit, puissions nous dire le miracle, je trébuchais ,allez savoir comment, et que je me retrouvais soudain au paradis, dans les bras d’un ange d’ un mètre quatre vingt , brun et des yeux…tellement…bleus .Imaginez… vous êtes tranquillement dans les bras de l’ange Gabriel, volant  au dessus des mers du paradis et plongée dans l’azur de ces yeux…Oh mon Dieu faites que cet instant ne s’arrête jamais ! C’est alors que je me rend compte que mon sauveur me dévisage d’un air curieux…Mais attendez…(activation de mémoire) je le connais !

                -Toi ! m’écriais-je en me dégageant

                -Attend…dit t-il de sa voix mielleuse et sensuelle (je sais que je peux exagérer, des fois !)…tu ne serais pas la fille de ce matin ?

En guise de réponse, je dit :

                -Je n’ai pas eu le temps de me présenter, je suis Gwen !

                -Moi c’est Gabriel, enchanté !dit t-il en souriant

Il se tut et rougit pendant que je le regardais. A ce moment là, c’est comme si tout mon corps entrait en ébullition, j’ ai fini par me demander si de la vapeur ne sortait pas de mes oreilles… coïncidence…GABRIEL…je me jurais de graver ce prénom à jamais dans ma mémoire

                -Ben alors Gaby !T’as craqué devant un joli minois ???le taquina Salomé

Mais bon sang, qu’est-ce qu’il lui prend à celle là !Elle a vraiment le don de sortir les phrases qui fachent (sans parler du vocabulaire) .Gabriel la regarda, furieux puis me porta un regard tendre…

                -A bientôt ! murmura t-il.

                -Oui…sûrement, lui lança Salomé.

Je lui adressais un signe de main, incapable de dire quoi que ce soit…J’avais mon estomac qui se tordait et mes oreilles qui bourdonnaient.

                -C’est ce que j’appelle « le coup  de foudre réciproque », au sens propre !Tu as vu sa tête ? Waaah ! Là tu m’épates ma vieille, sur ce coup là t’as assuré…

Elle s’arrêta, voyant sans doute ma pâleur.

                -Euh…tu veux qu’on aille au toilettes ?

Accompagnée de Salomé qui me racontait la vie de Gabriel (je n’en perdis pas une miette, bien sûr !) j’entrais dans le cinquième bâtiment et me dirigeait devant une rangée de miroirs fixée au dessus de lavabos. Je fut surprise de voir à quel point j’étais pâle, un vrai cadavre !

                -J’aime vraiment ta coupe de cheveux ! me dit Salomé avant de repartir dans ses récits incroyables de mecs et de collants rayés.

Je me regardais rapidement dans le miroir : cheveux mi-longs châtains foncés avec des mèches noires, coupés en dégradé avec une frange droite(en général, j’ai les cheveux frisés mais ce matin, j’avais lissé quelques mèches) le tout donnait vraiment l’impression d’une coupe hyper branchée…

                -Heu…t’aurais pas du crayon pour les yeux s’il te plaît ?interrompais-je mon amie

Elle sortit de nulle part un crayon Khôl Dior et un gloss. Je m’empressait de retoucher mon maquillage de ce matin qui avait bizarrement coulé…même un gothique n’aurait pas fait mieux !J’avais des  yeux verts, et un piercing en dessous de l’oeil droit. J’ ai mis du gloss avant de rendre le maquillage à Salomé.

La sonnerie de midi m’arracha à la contemplation des gouttes d’eau tombant du robinet mal fermé (et de mes rêveries romantiques)
                -C’est le moment d’aller a la cafeteria  si l’on ne veut pas faire la queue pendant une heure !

Salomé me pris le bras et courut en direction du restaurant ou des  élèves, pressés de manger, commençaient à s’accumuler…Elle se faufila dans la foule , sans avoir besoin de s’excuser : il semblerait qu’elle soit respectée .Nous passâmes sans trop d’encombres avant de se servir : je me suis contentée d’un poulet frites. Je n’avais franchement pas faim et cette histoire avec l’ange de ma vie me travaillait. Et si Gabriel venait à sortir avec moi ? et si…Suffit les histoires, c’est le type en première le plus populaire (et le plus beau) du lycée et il a sûrement déjà une petite amie…Pas se doute là-dessus. Mon cœur fit un bond. Quand on parle du loup…

                -Re-bonjour ! fit une voix que je reconnaîtrais parmi tant d’autres…Est-ce que cette place est libre ??

Je levais mon visage vers Gabriel qui venait de d’apparaître devant moi.

                -Bien sûr ! répondit Salomé (à ma place car je rougissais tellement que je préférais me cacher dans mes cheveux)            

Gabriel leva les yeux vers les miens et demanda :

                -Où habites-tu ?

                -Pas loin de  la boulangerie de St Grangère…tu continues sur l’avenue principale devant l’église et tu vas tomber sur une maison blanche aux volets bleus : tu ne peux pas la rater !

Comment avais-je fait pour aligner deux mots sans balbutier ?Bref ! Il faut bien avouer que j’habite dans un patelin paumé au milieu des champs et des vaches…

                -Ca alors !Mes grands parents habitent pas loin !Je viens chez eux presque tous les week-end pour faire des travaux a leur ferme !

Eh bien ! Tiens donc…un fermier…Je l’imaginais déjà en salopette une bêche à la main et un épis de blé dans la bouche…Plus beau qu’un apollon…
                -Tu pourras faire un tour chez elle et vous irez tous les deux traire les vaches !Gwen m’a dit qu'elle y connaissait quelque chose! s’exclama Salomé

Foutaises ! Il y a vraiment des fois où j’ai envie de m’enfoncer six pieds sous terre pour ne plus jamais revoir la lumière…En fait non...J’ai des envies de meurtre…Je m’apprêtais à saisir mon couteau quand Gabriel me sourit de toutes ses dents blanches et plus parfaites que parfaites :

                -C’est génial alors comme ça tu sais traire les vaches ?

Je posais discrètement mon arme et je jetais mon « regard qui tue » à Salomé qui faisait semblant de découper de la viande dans son assiette…Oh mon Dieu pardonnez mes péchés et mettez moi au paradis si je tue ce démon !

Je passais donc le reste du repas à expliquer ( où plutôt à inventer) des centaines de façons de traire les vaches…passionnant ! Gabriel buvait mes paroles en rougissant si je le regardait trop longtemps …Nous quittâmes le réfectoire sans l’Ange qui alla rejoindre une bande d'ados  qui s'amusaient à coller des morceaux de poulet au plafond. « Au secours !Je suis dans un lycée de fous ! »...
 

***FIN DU PREMIER CHAPITRE***
*A SUIVRE*

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06 août 2007

Le réveil des dieux

Le réveil des dieux par Fabrice Colin

   Au soir du 23 mars 1888, soit douze ans jour pour jour après l'invasion du Japon par l'armée de sa Majesté britannique, un cataclysme d'une ampleur inimaginable s'abat en quelques secondes sur la cité de Tokyo. Cette nuit-là, six mille habitants périssent engloutis. Ils auraient pu être dix millions. Voici l'histoire du jeune garçon grâce à qui le pire a été évité. Il avait trois jours pour retrouver son père : trois jours pour comprendre le monde et faire la paix avec son enfance. En vérité, il allait sauver la ville. Son nom était Errol Steel.

Le réveil des dieux

NOTE: 7/20 Vraiment bof ce bouquin, on suit l'histoire du point de vue du personnage et c'est ça que je trouve dommage, je m'explique : on aurait pu obtenir plus de renseignements par l'auteur sur l'origine d' Errol (qui reste obscure jusqu'à la fin du livre) et sur des passages descriptifs (Très courts alors que le Japon récèle de trésors:temples, paysages, culture...).Fabrice Colin ne nous apprend trop rien du contexte historique du pays,ce qui rend "le réveil des dieux" ininterressant.La psychologie du personnage est bien, ainsi que la couverture du livre ( n'est elle pas attirante ?).C'EST LE SEUL POINT POSITIF!

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05 août 2007

"les médecins n'y connaissent rien, parce que le seul régime qui marche, c'est l'amour."

La vie, en gros par Mikaël ollivier

Difficile de maigrir quand on adore manger et que l'on rêve d'ouvrir, plus tard, un restaurant. Pourtant, pour Benjamin ,quinze ans, le diagnostic de l'infirmière est clair : obésité de catégorie 2. Des mots bien sérieux pour décrire ce qui, jusque là, semblait simplement le signe extérieur d'une certaine joie de vivre : croquer la vie à pleines dents. Sport, boums, cabines d'essayage, piscine, régime... rien n'est simple quand on est gros et que l'on redoute le regard des autres. Et si en plus l'amour s'en mêle...

NOTE:13.25/20 Un récit tendre et émouvant.Ben nous relate ses difficultés pour perdre du poids, à être accepté par les autres.Sa vie s'en trouvera bouleversée, jusqu'au jour où l'amour frappe à sa porte.La morale du livre ? "Nous jugeons trop souvent les gens par leur apparence".

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03 août 2007

Lullaby, Et si c'était par la fin que tout commençait...

Lullaby par J.M.G Le Clézio

" Le jour où Lullaby décida qu’elle n’irait plus à l’école, c’était encore très tôt le matin, vers le milieu du mois d’octobre. Elle quitta son lit, elle traversa pieds nus sa chambre et elle écarta un peu les lames des stores pour regarder dehors. Il y avait beaucoup de soleil, et en se penchant un peu, elle put voir un morceau de ciel bleu. En bas, sur le trottoir, trois ou quatre pigeons sautillaient, leurs plumes ébouriffées par le vent. Au-dessus des toits des voitures arrêtées, la mer était bleu sombre, et il y avait un voilier blanc qui avançait difficilement. Lullaby regarda tout cela, et elle se sentit soulagée d’avoir décidé de ne plus aller à l’école. "

Un matin du mois d'octobre, Lullaby décide de ne plus aller en cours. Elle écrit à son père, glisse dans un sac quelques objets et, empruntant le chemin des contrebandiers, part en direction de la plage. Un petit garçon qui revient de la pêche, une jolie maison grecque, mais surtout le soleil et la mer remplissent ses journées d'ivresse et de liberté. Un jour, pourtant, il faut revenir à l'école. Qui donc voudra croire à son étrange voyage ?

lullaby_le_cl_zio

NOTE : 19.5/20 UN CHEF D'OEUVRE ! Un magnifique et court roman, véritable hymne à la liberté et à la poésie.Laissez vous plonger au coeur du rêve...Le Clézio est un auteur pour enfants qui érit de manière merveilleuse : avec ses yeux d'enfants...et on y croit !

Posté par libralato à 22:14 - Pour rêver... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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